Envoyer des fleurs pour un deuil pose toujours les mêmes questions : quelle composition convient à son lien avec le défunt, où la faire porter, combien de temps avant la cérémonie, et quoi écrire sur le ruban ou la carte. Ce dossier y répond dans l’ordre où elles se posent, de l’annonce du décès aux semaines qui suivent les obsèques. Il s’adresse à la famille comme aux amis, aux collègues et aux voisins.

24 h
au moins entre le décès et les obsèques
14 jours
au plus, depuis juillet 2024
6
formes de composition, du bouquet au dessus de cercueil
200
caractères au plus sur une carte, 30 à 35 sur un pan de ruban

Le parcours de ce dossier

  1. Choisir la forme selon son lien : le tableau des envois.
  2. Couronne, gerbe ou coussin : les différences et les tailles.
  3. Les couleurs et les fleurs selon la personne.
  4. Le message de la carte et le texte du ruban.
  5. Les fleurs et la crémation.
  6. Les fleurs du cimetière, après les obsèques.

La carte des envois de deuil

C’est le repère de ce dossier : pour chaque lien avec le défunt, la forme d’usage, le lieu où la faire porter, le délai et le budget. Les sites de fleuristes traitent ces questions en paragraphes séparés ; les voici croisées.

Votre lien Forme d’usage Où la faire porter Quand commander Budget relevé
Conjoint, enfants dessus de cercueil, cœur, couronne lieu de la cérémonie ou chambre funéraire dès que la date des obsèques est connue dessus de cercueil : 220 à 450 €
Famille élargie couronne, coussin lieu de la cérémonie dès que la date est connue couronne : 60 à 600 €
Amis gerbe, coussin, couronne collective lieu de la cérémonie ou chambre funéraire dès que la date est connue, au plus tard la veille gerbe : 60 à 300 € ; coussin : 40 à 350 €
Collègues, entreprise gerbe, raquette, couronne collective lieu de la cérémonie dès que la date est connue, au plus tard la veille gerbe : 60 à 300 €
Association, club gerbe, raquette lieu de la cérémonie dès que la date est connue, au plus tard la veille gerbe : 60 à 300 €
Voisin, connaissance bouquet, plante domicile de la famille, avant ou après les obsèques la veille bouquet : 30 à 150 €
Crémation (tous liens) fleurs naturelles, bouquet tige ou composition crématorium, la veille ou le jour selon son règlement au plus tard la veille selon la forme
Après les obsèques plante, bouquet, coupe de plantes domicile de la famille, ou la tombe quelques jours à quelques semaines après bouquet : 30 à 150 €

Comment lire ce tableau. Les formes et les lieux reprennent l’usage décrit par les opérateurs funéraires et les guides de savoir-vivre. Les délais de commande sont un repère : une composition de cérémonie est montée à la main, et un crématorium comme celui de Niort reçoit les fleurs la veille ou le jour de la cérémonie. Les budgets sont les fourchettes publiées par un fleuriste en ligne, un marbrier et un opérateur funéraire en 2024-2026 (voir les sources) ; aucun observatoire neutre n’en publie.

Le calendrier : de l’annonce aux obsèques

Depuis le décret du 10 juillet 2024, l’inhumation comme la crémation ont lieu au moins vingt-quatre heures après le décès et au plus tard le quatorzième jour calendaire qui suit (articles R2213-33 et R2213-35 du Code général des collectivités territoriales). Le temps entre l’avis de décès et la cérémonie est donc souvent court.

  • Dès l’avis de décès : vérifiez s’il précise « ni fleurs ni couronnes » ou un souhait de la famille (fleurs blanches, don à une association).
  • Quand la date est connue : la famille proche commande les grandes compositions ; les autres expéditeurs s’organisent, et un groupe peut se cotiser pour une seule couronne.
  • La veille ou le matin : les fleurs arrivent au lieu de la cérémonie ou à la chambre funéraire. L’opérateur funéraire peut ensuite les porter jusqu’au cimetière : demandez-le-lui. Pour une crémation, certains crématoriums n’acceptent les fleurs que le jour même.
  • Après les obsèques : un bouquet ou une plante au domicile, quand la maison s’est vidée, est souvent le geste le plus apprécié.

Pour trouver un fleuriste près du lieu des obsèques, l’annuaire des fleuristes de l’Orne donne, commune par commune, ceux qui composent des fleurs de deuil et ceux qui livrent.

Couronne, gerbe ou coussin : choisir la forme

Chaque forme a son usage. La couronne, un anneau de 50 à 80 cm, est la plus solennelle et vient de la famille ou d’un groupe. La gerbe, allongée, est la composition la plus courante chez les amis, les collègues et les associations. Le coussin et le cœur sont des formes pleines, réservées aux proches. Le dessus de cercueil, posé sur le cercueil pendant la cérémonie, revient à la famille la plus proche. Ces compositions de cérémonie ne se portent pas au domicile : à la maison, on offre un bouquet de deuil ou une plante.

Les six formes, leurs dimensions à la même échelle et ce qu’elles deviennent après la cérémonie sont dans le guide couronne, gerbe ou coussin de deuil.

Les couleurs et les fleurs selon la personne

Le blanc convient à tous et c’est l’usage pour un enfant. Pour un homme, on choisit souvent des tons sobres (blanc, bordeaux, violet, bleu) ; pour une femme, le blanc, le rose, le mauve. Le rouge, couleur de l’amour, reste celle du conjoint. La rose, le lys, l’œillet et le chrysanthème sont les fleurs les plus présentes, mais une fleur que la personne aimait vaut mieux qu’une règle. Le sens de chaque teinte de rose, du blanc au bordeaux, est détaillé dans la page sur la signification des couleurs de roses.

Le tableau des couleurs et des espèces par profil, avec les sens anciens tirés du Langage des fleurs de Charlotte de Latour (présenté dans le dossier langage des fleurs) et les fleurs à éviter, est dans le guide des fleurs pour un enterrement d’homme, de femme ou d’enfant.

Le message de la carte

La carte dit d’abord qui envoie les fleurs. Deux ou trois phrases suffisent, signées de son prénom et de son nom, ou du nom du groupe. On tutoie la famille si on la tutoie dans la vie. Les 40 messages pour accompagner des fleurs de deuil sont classés par lien (famille, ami, collègue, voisin, entreprise) et par registre (sobre, religieux, personnel), avec la carte de remerciement de la famille.

Le texte du ruban

Sur une couronne ou une gerbe, le message passe par le ruban de deuil : l’hommage sur un pan, la signature sur l’autre, une trentaine de caractères chacun. Les formules de ruban de deuil sont classées par expéditeur avec leur longueur, et le tableau des largeurs de ruban dit ce qui tient sur chaque composition.

Les fleurs et la crémation

On peut envoyer des fleurs pour une crémation : elles décorent la salle de cérémonie. Mais les compositions ne brûlent pas avec le cercueil, et leur sort après la cérémonie dépend du règlement de chaque crématorium : rendues à la famille, déposées au jardin du souvenir ou jetées. La page fleurs et crémation rassemble les règlements publiés, dont celui en préparation à Flers, et dit quoi demander. Pour une cérémonie dans l’Orne, la fiche du crématorium d’Argentan donne ce que deviennent les fleurs pendant et après la cérémonie.

Les fleurs du cimetière

Après l’inhumation, les compositions fanent en quelques jours, une semaine pour les mieux montées. Pour une tombe qu’on veut fleurie dans la durée, il faut des plantes qui supportent le soleil, le gel et l’absence d’arrosage : bruyère, callune, joubarbe, lavande en plein soleil ; hellébore et cyclamen de Naples à l’ombre ; chrysanthème pour la Toussaint. Les fleurs pour le cimetière sont classées par saison et par tenue, avec ce que les règlements de cimetière autorisent.

Deux guides suivront dans ce dossier : l’entretien et la décoration d’une tombe au fil de l’année, et l’origine de l’usage d’offrir des fleurs pour un deuil.

Ce qu’on évite

  • Envoyer une gerbe ou une couronne au domicile de la famille : un bouquet ou une plante y a davantage sa place.
  • Passer outre un « ni fleurs ni couronnes » : on fait plutôt un don ou on écrit.
  • Oublier la carte ou le ruban : la famille doit savoir de qui viennent les fleurs.
  • Envoyer trop tard : une composition qui arrive après le départ du convoi ne suivra pas le cercueil.
  • Choisir un cœur ou un dessus de cercueil quand on n’est pas de la famille proche.

Le geste est ancien. En 1899, la baronne Staffe notait déjà dans ses Usages du monde que, aux obsèques, « chaque ami apporte son bouquet, sa couronne ». La forme a changé, pas le sens : rendre un dernier hommage à la personne disparue et dire à ses proches qu’ils ne sont pas seuls.

Les dossiers voisins