L’orchidée qu’on offre presque toujours est un Phalaenopsis, l’orchidée papillon. Dans la nature, elle pousse accrochée aux troncs et aux branches des forêts tropicales d’Asie et des îles du Pacifique : ses racines vivent à l’air, pas dans la terre. Tout son entretien découle de là. Bien réglée, elle fleurit plusieurs mois et refleurit chaque année. Cette page donne les quatre réglages qui comptent, avec leurs valeurs, puis le calendrier de la refloraison.

Fenêtre est
ou sud et ouest derrière un voilage
1 fois par semaine
l’arrosage en écorce, moins en hiver
16 °C
minimum la nuit
moins de 26 °C
le jour pour qu’elle refleurisse

Les quatre réglages en un tableau

Réglage Valeur Signe que c’est mal réglé
Lumière vive sans soleil direct : fenêtre est, ou sud et ouest derrière un voilage ; en culture, 200 à 300 µmol/m²/s, soit environ 10 800 à 16 100 lux feuilles longues, fines, vert foncé : trop sombre ; feuilles teintées de rouge ou brûlées : trop de soleil
Arrosage une fois par semaine en écorce, un peu moins en hiver ; eau tiède, de pluie de préférence, ni adoucie ni distillée racines blanchâtres et sèches depuis plusieurs jours : soif ; racines brunes et molles : excès
Température jour 19 à 30 °C, nuit 16 à 19 °C ; jamais moins de 10 °C boutons qui tombent : écarts brusques ou courant d’air ; pas de hampe : jours trop chauds
Engrais engrais pour orchidées à demi-dose, à chaque arrosage en croissance ; eau claire une fois par mois ; peu ou pas en hiver sels accumulés dans l’écorce : d’où le rinçage mensuel à l’eau claire

Valeurs de la Société américaine des orchidées (AOS), de la Société royale d’horticulture britannique (RHS) et des travaux de l’université d’État du Michigan cités en fin de page. La conversion en lux est la nôtre (1 foot-candle = 10,76 lux).

1. La lumière

Le Phalaenopsis aime une lumière vive mais tamisée. La place idéale est une fenêtre à l’est, qui reçoit le soleil doux du matin. Au sud ou à l’ouest, un voilage est indispensable : le soleil chaud de l’après-midi brûle les feuilles, et la brûlure ne se répare pas.

Image de la vidéo « Quel ENTRETIEN pour faire REFLEURIR l'ORCHIDÉE PHALAENOPSIS ? 🌸 » de Au Jardin
Quel ENTRETIEN pour faire REFLEURIR l’ORCHIDÉE PHALAENOPSIS ? 🌸

La couleur des feuilles sert de cellule photoélectrique. Vert olive : la lumière est juste. Vert foncé, feuilles longues et molles : elle en manque, rapprochez-la de la fenêtre. Reflets rouges : elle en reçoit trop.

Pour qui veut mesurer, les chercheurs du Michigan recommandent en culture 200 à 300 µmol/m²/s pendant la floraison, soit environ 10 800 à 16 100 lux, et jamais moins de la moitié. Une application de luxmètre sur téléphone donne un ordre de grandeur suffisant. La durée du jour, elle, n’a pas d’effet sur la floraison des hybrides du commerce : inutile de la mettre dans le noir.

2. L’arrosage

C’est là que la plupart des orchidées offertes meurent, presque toujours d’excès d’eau.

Le rythme : une fois par semaine pour une orchidée en écorce, la règle de l’AOS et de la RHS. Plus souvent en été, moins en hiver. Si elle est plantée dans de la mousse de sphaigne, attendez que le dessus soit sec au toucher. Le substrat doit sécher entre deux arrosages, sans jamais devenir sec comme de la paille.

Le geste, par trempage :

  1. Sortez le pot du cache-pot.
  2. Plongez-le dans une bassine d’eau tiède, sans mouiller les feuilles, jusqu’à ce que les bulles d’air cessent de remonter : quelques minutes suffisent.
  3. Laissez-le égoutter complètement avant de le remettre en place. Aucune eau ne doit stagner au fond du cache-pot.
  4. S’il est tombé de l’eau au creux des feuilles, épongez-la avec un papier absorbant : l’eau qui stagne au cœur fait pourrir la plante.

Vous pouvez aussi faire couler l’eau tiède du robinet à travers le pot pendant environ une minute, puis laisser égoutter. Les producteurs visent 20 à 30 % d’eau qui ressort par le fond : c’est le signe que tout le substrat a été mouillé.

Le contrôle : à travers le pot transparent, des racines vert argenté sont sèches et prêtes à boire, des racines vertes viennent d’être arrosées. Des racines brunes et molles signalent un excès d’eau : rempotez et coupez les parties pourries.

3. La température

Une orchidée papillon vit bien à la température d’un appartement : 19 à 30 °C le jour, 16 à 19 °C la nuit, selon la RHS. En dessous de 16 °C la nuit, elle souffre ; en dessous de 10 °C, les feuilles sont abîmées. Attention au rebord de fenêtre en hiver, derrière un rideau tiré la nuit, et au trajet entre la boutique et la voiture.

Les variations brusques font tomber les boutons : radiateur juste dessous, porte d’entrée, courant d’air.

4. L’engrais

La consigne de l’AOS pour un amateur tient en deux mots anglais, weakly weekly : un engrais pour orchidées dilué à demi-dose, chaque semaine, et une fois par mois un arrosage à l’eau claire pour rincer les sels. La RHS conseille de sauter l’engrais un arrosage sur quatre et de le réduire beaucoup en hiver. On peut l’arrêter quand la hampe a atteint 25 cm : la plante a déjà ce qu’il lui faut pour fleurir.

Faire refleurir l’orchidée : le calendrier

Ce qui déclenche une nouvelle hampe florale, c’est la température de jour, pas la nuit fraîche que conseillent la plupart des guides. En 2006, deux chercheurs de l’université d’État du Michigan, Matthew Blanchard et Erik Runkle, ont cultivé des Phalaenopsis du commerce pendant 20 semaines à différentes températures. À 14, 17, 20 ou 23 °C, au moins 80 % des plantes ont sorti une hampe. À 29 °C constants, ou à 29 °C le jour même avec des nuits à 17 °C, aucune. Leur conclusion : un jour au-dessus de 26 °C empêche la floraison, quelle que soit la température de la nuit.

En pratique, une orchidée qui ne refleurit pas passe ses journées trop au chaud : contre une baie vitrée exposée en plein été, au-dessus d’un radiateur. Une pièce un peu plus fraîche pendant un mois suffit souvent ; la RHS conseille de baisser la température d’environ 5 °C pendant un mois environ.

Étape Quand Ce qu’on fait
Fin de floraison la dernière fleur tombe couper la hampe au-dessus du 2e nœud en partant de la base, ou à la base pour laisser la plante se reposer
Repos et croissance les semaines suivantes arrosage et engrais normaux ; rempotage si l’écorce est décomposée
Induction 4 à 5 semaines au moins journées sous 26 °C, idéalement autour de 20 °C ; en automne, une pièce peu chauffée convient
Hampe visible quelques semaines plus tard ne plus déplacer la plante ; tuteurer la hampe à mesure qu’elle s’allonge
Floraison 70 à 90 jours après la hampe visible (72 jours à 23 °C, 89 jours à 20 °C) arrosage normal, aucun courant d’air
Fleurs ouvertes plusieurs mois, souvent 4 à 6 garder la plante sous 28 °C : au-delà, les fleurs sont moins nombreuses et tiennent moins

Couper au-dessus du 2e nœud ou à la base ? Les deux se font. Une hampe coupée au-dessus d’un nœud donne une ramification et des fleurs en 8 à 12 semaines, selon l’AOS. Coupée à la base, la plante prend le temps de refaire une hampe neuve, qui portera des fleurs plus grandes, en moins d’un an. Sur une plante fatiguée ou aux feuilles peu nombreuses, préférez la coupe à la base.

Si une jeune hampe de moins de 10 cm subit des journées au-dessus de 28 °C, elle peut avorter ou donner un keiki, un petit plant à racines aériennes, au lieu des boutons.

Rempoter : quand et comment

Le rempotage se fait tous les un à trois ans, quand l’écorce se décompose, après la floraison, de préférence au printemps quand les racines ont des pointes vertes, signe qu’elles poussent.

Orchidée dépotée avec racines exposées, substrat d’écorces renversé sur une table
Le rempotage : l’orchidée sortie de son pot, racines dégagées, avant un substrat d’écorce neuf. · Photo: Rempotage d’une orchidée, Balázs, Unsplash License
  1. Démoulez la plante et retirez toute l’ancienne écorce.
  2. Coupez avec un outil propre les racines brunes, creuses ou molles ; gardez les fermes.
  3. Replacez-la dans un pot à peine plus grand, transparent et percé, avec un substrat d’écorce pour orchidées, jamais du terreau.

Chat, chien et orchidée

L’ASPCA, le centre antipoison animal américain, classe le Phalaenopsis comme non toxique pour le chat, le chien et le cheval. Comme pour toute plante, un animal qui en mâchouille beaucoup peut avoir des troubles digestifs passagers.

C’est la grande différence avec l’autre plante qu’on offre à l’approche de l’hiver : la fiche du poinsettia, l’étoile de Noël, détaille sa toxicité réelle et sa durée de vie en appartement.

D’autres gestes pour les fleurs et plantes reçues en cadeau sont rassemblés dans le dossier art floral et entretien.